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Mary Chaplin :

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80560 Acheux en Amiénois / Picardie

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MARY CHAPLIN : L’ESPACE SANCTUAIRE de Jean-Paul Gavard-Perret (juillet 2010)

Il est un espace premier en deçà de toutes les formes de spatialité : celui du « paysage ». Soyons clair toutefois : non pas celui d’une géographie pittoresque mais celui où nous sommes perdus. Nous y errons tant que ne se découvre pas le lieu sacré d’un absolu d’ici. Il est défini par l’horizon de la peinture de Mary Chaplin dont elle est elle-même issue. L’artiste a découvert la façon de sortir de l’être perdu et de mettre à nu cette présence par sa peinture qui est action fondatrice. Elle se définit par un rythme qui se produit, que l’artiste ordonne, qu’elle perçoit en face d’elle et dans lequel elle est engagée. C’est ce principe de mouvement et de reconnaissance qui met fin à l’errance existentielle. En ce sens la peinture de Mary Chaplin devient le lieu « sacré » où s’accomplissent ses parcours, ses gestes rituels. C’est un espace bâti, le lieu de motricité signifiante et de la conscience aiguë de son être. On peut alors parler d’espace sanctuaire d’où surgit l’être de l’être.

Une telle œuvre est un lieu autant d’émotion que d’âme. Elle met en cause les architectures antérieures des peintures du sacré. L’artiste ne tente pas d’en adapter les structures : elle cherche les siennes en puisant au fond d’elle-même. Il y a là une volonté de puissance à la découverte du mystère aussi redoutable que lumineux. Redoutable en effet car le domaine du sacré cherché en soi reste aussi le tout autre. D’où la fascination et l’éclat douloureux du sacré qui est abrité dans l’intimité de l’artiste mais aussi qui prend en quelque sorte sa place. C’est pourquoi sa peinture recèle un sentiment d’une inquiétante étrangeté et de l’indescriptible. Mais la créatrice leur donne forme en refusant de succomber aux symboles et aux modes d’expressions fantastiques car ce serait là passer à côté du sujet !

Le sacré est tout autre en effet. Témoigner de son épiphanie demande une ascèse mais aussi une sensorialité capable de créer des formes pour que le divin s’expose à partir des phénomènes naturels. De là vient beaucoup de titre des tableaux de l’artiste : « La rayon rouge », « Les passerelles de lumière », « Le jardin de l’espoir », « La renaissance ». En conséquence le « Deviens qui tu es » de l’artiste représente une réalité spirituelle. De quelque chose de présent cette réalité devient plus présente encore. Et pour que cette idée soit convaincante il faut que l’artiste nous convainque de sa réalité par sa peinture en l’exhaussant du cours ordinaire de l’existence par effet d’ouverture plus que de rehaut.

Dès lors si le sacré possède son temps et son existence propre, la peinture peut lui donner un lieu profane. En ce sens, contre effet bassement prosélyte, contre effet de culte, Mary Chaplin fait apparaître le sacré dans le présent au sein du saisissement de l’instant créateur. Chaleur, fraîcheur, puissance, spontanéité élèvent la peinture au delà de son ordinaire précarité de « façade ». La peinture devient un haut temps de la métamorphose solennelle pénétrée par la chaleur de vie. L’art qu’on pourrait nommer abstrait de la créatrice n’est donc pas l’avènement de l’objet convenu d’une perception domestiquée mais l’avènement du monde en nous, de nous en lui. L’artiste sort de ses mains quelque chose de réel et qui possède une sorte d’objectivité requérante par la subjectivité sidérante dont elle fait preuve. Mais plutôt que d’objectivité ou de subjectivité parlons plutôt de réalité. A savoir ce qui oppose une résistance infinie à son assimilation par un regardeur qui tend à la réduire à sa propre identité. La réalité de l’œuvre de Mary Chaplin consiste donc dans son altérité qui implique un secret inaccessible. Mais c’est une altérité rayonnante. L’œuvre de la créatrice fixe la solennité d’une telle naissance, lui donne un corps et une durée, l’espoir d’une fête intemporelle.

©texte - Jean-Paul Gavard Perret 2010

 

 

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